L'enterrement s'est déroulé hier, horrible mais beau à la fois, à cause du monde qui s'est déplacé, les rues du village pleines à craquer, beaucoup de ses amis, ses profs, des associations sportives...
La vue de ses parents était déchirante, quand tu vois son père, un gars costaud, boute en train d'habitude, qui n'arrivait pas à tenir debout tout seul et qui en sortant criait:"Dis moi que ce n'est pas vrai , s'il te plaît dis le moi".Sa maman était transparente, aucune réaction, ils lui ont donné une forte dose de médicaments pour qu'elle soit forte pendant la cérémonie, et ses deux grandes soeurs qui se tenaient mutuellement.Son père a été très courageux, mais quand ils sont arrivés il tenait la photo de son fils dans ses bras comme un enfant.Il n'avait qu'un seul fils, et il l'avait faconné à son image.Néanmoins c'était beau, notre église étant petite, tout le monde n'a pas pu rentrer et il y avait une foule jusqu'à la rue.J'arrive pas à m'y faire qu'il ne soit plus là, je crois que je n'ai pas encore assimilé.Et le carrefour où il s'est tué, on y passe tous les jours, encore ce matin, et ça fait mal, toutes ces lignes sur le sol.On a perdu aussi ses parents, ils ne s'en remettront pas, eux qui étaient si joyeux d'habitude.Et tu vois, on ne peut même pas dire comme on dit quand une personne âgée meurt:"Il est mieux là où il est.".Là ce n'est pas vrai, ce mec était heureux.
C'était un pari avec un de ces amis que de traverser ce carrefour sans s'arrêter au stop, d'où la visibilité pour la voiture qui arrivait était nulle à cause du virage.1 ou 2 secondes avant ou après, il serait encore là...Foutue vie...