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En préambule :
On appelle "Hippothérapie", les activités équestres à intention thérapeutique qui s'adressent à des personnes lourdement handicapées, qui sont incapables d'avoir une action sur la préparation ou la direction d'un cheval ou d'un poney. C'est effectivement l'animal qui est l'acteur de la rééducation, par sa masse, sa chaleur, sa taille, son rythme, sa prestance...
On appelle équitation thérapeutique, l'activité, qui s'adresse à des porteurs de handicap, de maladie, ou d'inadaptation, et qui pourront avoir une action sur l'animal. Cela, par l'acte de la préparation, ou le pilotage de la monture
Objet du soin [modifier]
L'objet du soin est défini comme étant exclusivement l'appareil psychique de la personne prise en charge. L'objectif de l'équithérapeute concerne aussi la diminution de symptômes psychopathologiques, le mieux être, le sentiment de confort.
Moyens du soin [modifier]
Les moyens mis en œuvre sont de deux ordres :
psychiques : la parole, le discours, le sens, le partage émotionnel, l'expérience vécue, le transfert, le désir...
corporels : la sensation, le mouvement, la communication infra-verbale, l'expression gestuelle...
Les outils utilisés par l'équithérapeute correspondent pour la plupart à l'adaptation à la situation incluant le cheval d'outils utilisés au sein de thérapies plus classiques comme la psychanalyse, la programmation neuro-linguistique, la psychothérapie cognitivo-comportementale, la kinésithérapie ou la psychomotricité.
L'intérêt de l'utilisation du cheval s'explique alors par ses qualités en tant qu'être vivant ayant un appareil psychique propre, relativement simple, doux et chaud, socialement valorisant et adapté, susceptible de porter et de transporter, non jugeant et non intrusif, apte à accepter les projections, apte au dialogue sur un mode archaïque, digne d'intérêt et de soin. Ces qualités ne font pas du cheval un thérapeute, mais bien un outil qui, utilisé par un thérapeute, sera en mesure d'ouvrir des opportunités, et de rendre possible l'amélioration d'une pathologie psychique ou d'un mal-être.
Sources : Société française d'équithérapie
Terminologie [modifier]
Les définitions des différents termes qualifiant les activités thérapeutiques associant le cheval sont très controversées. La délimitation des champs couverts par les mots équithérapie, hippothérapie, thérapie avec le cheval, thérapie équestre, psychothérapie avec le cheval, rééducation par l'équitation ou rééducation équestre reste très floue.
De nombreux thérapeutes utilisant les mêmes outils définiront leur pratique en utilisant un qualificatif différent, alors qu'inversement, des thérapeutes ayant une orientation divergente (soin somatique ou soin psychique par exemple) utiliseront la même appellation, faute de consensus quant à la terminologie.
Distinction entre soin, sport et loisir [modifier]
Autre aspect du manque de repères légaux, la confusion fréquente entre soin, sport adapté et loisir adapté.
Le fait qu'une personne handicapée, malade ou en souffrance cotoie un cheval est souvent qualifié improprement d'équithérapie, alors même que cette activité n'est pas nécessairement encadrée par un thérapeute, ou ne comporte pas spécifiquement d'objectifs thérapeutiques.
D'autre part, le souhait des patients n'est pas non plus nécessairement pris en compte, amenant certains vers une pratique sportive de l'équitation alors qu'ils étaient en demande d'un espace thérapeutique, ou au contraire amenant vers des équithérapeutes des patients qui sont dans la recherche d'une activité de loisir qui devrait relever d'un enseignant et non d'un soignant.
La distinction entre soin, sport adapté et loisir adapté est difficile à établir en France, dans le sens où la législation actuelle relative à l'éducation sportive tend à classer l'ensemble des structures équestres sous l'égide du ministère de la jeunesse et des sports, compliquant ainsi la possibilité pour un lieu spécifiquement tourné vers l'équithérapie de n'être pas associé à un organisme en lien avec le sport. C'est notamment face à ces difficultés à faire admettre l'indépendance des pratiques thérapeutiques, par rapport au cadre sportif existant actuellement pour les activités équestres, que les organismes représentatifs des équithérapeutes ont ouvert une démarche visant à faire reconnaître officiellement la spécificité de leur profession.
Sources : Emond, Nicolas (2003). L'offre et la demande en thérapie avec le cheval. Mémoire de DESS de psychologie, Université Paris V, juin 2003.
Ethique et déontologie en équithérapie [modifier]
Comme dans toute forme de thérapie, les questions d'éthique et de déontologie sont encadrées en équithérapie, par différentes Chartes relevant des organismes représentatifs des thérapeutes.
Il est à noter que ces Chartes n'ont pas de valeur légale, et que les organismes représentatifs nationaux ne sont pas tous dotés des moyens de les faire respecter (mesures informatives ou disciplinaires à l'encontre des équithérapeutes pris en faute), de les remettre à jour, et de répondre aux questions des usagers à leur sujet. Ces Chartes constituent donc un engagement moral pris par le thérapeute signataire envers son ou ses organisme(s) représentatif(s).
Il existe à l'heure actuelle deux chartes assez distinctes :
celle proposée par le GIETAC en 2000 [7], reprenant les points essentiels liés aux exigences envers le thérapeute, sa formation, ses devoirs, et son exercice.
celle proposée par la Société française d'équithérapie en 2005 [8], amenant davantage de précisions grâce à son fondement sur le Code de déontologie des psychologues.
Voir aussi : Éthique de la psychologie